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Par L'équipe Infinie Santé — Publié le :
12/08/2026 17:13:35
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Colorant devenu médicament, le bleu de méthylène a accompagné plus d'un siècle d'histoire de la médecine. Antipaludéen, ancêtre des médicaments psychiatriques, révélateur du monde microbien, antidote toujours utilisé aujourd'hui : voici les grandes pages de son passé.
En bref
Le bleu de méthylène occupe une place unique dans l'histoire de la médecine : en 1891, il devient la première molécule de synthèse à guérir une maladie humaine (le paludisme), entre les mains de Paul Ehrlich. Sa structure a servi de point de départ aux premiers médicaments psychiatriques. Comme colorant, il a permis de voir bactéries et parasites au microscope. Il a été employé comme antiseptique urinaire, et reste aujourd'hui un antidote reconnu de la méthémoglobinémie.

À Berlin, en 1891, deux médecins — Paul Guttmann et le futur prix Nobel Paul Ehrlich — administrent du bleu de méthylène à deux patients atteints de paludisme. Les deux guérissent. C'est un moment fondateur : pour la première fois, une molécule créée en laboratoire — et non tirée d'une plante — soigne une maladie humaine. Ehrlich y puisera l'idée maîtresse de sa carrière : la « balle magique », une substance qui frappe le microbe en épargnant l'hôte. C'est l'acte de naissance de la chimiothérapie moderne.
Le bleu de méthylène sera utilisé contre le paludisme jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Sa parenté chimique inspirera d'ailleurs la mise au point d'antipaludéens plus puissants comme la chloroquine.

Le squelette chimique du bleu de méthylène — le noyau phénothiazine — s'est révélé d'une fécondité extraordinaire. Dans les années 1950, en modifiant cette même structure, des chercheurs français mettent au point la chlorpromazine, le premier antipsychotique de l'histoire, qui révolutionnera la prise en charge des troubles psychiatriques. Toute une famille de médicaments descend ainsi, chimiquement, de ce vieux colorant.

Avant de soigner, le bleu de méthylène a permis de voir. Sa capacité à colorer sélectivement les micro-organismes en a fait un outil essentiel de la bactériologie naissante. Robert Koch l'utilise pour mettre en évidence le bacille de la tuberculose ; il entre dans de célèbres techniques de coloration encore employées en hématologie. En rendant visibles bactéries et parasites, ce colorant a contribué à fonder la microbiologie.

Éliminé en partie par les urines qu'il colore en bleu-vert, le produit a longtemps été employé comme antiseptique urinaire léger et entrait dans diverses préparations pharmaceutiques. On l'a aussi utilisé comme marqueur chirurgical. Beaucoup de ces usages ont depuis été remplacés par des médicaments plus spécifiques, mais ils témoignent de la place centrale du bleu de méthylène dans la pharmacie du XXe siècle.

De tous ses usages, l'un demeure parfaitement d'actualité et reconnu par les autorités de santé : le traitement de la méthémoglobinémie, une affection où le sang perd sa capacité à transporter l'oxygène. Administré à l'hôpital par voie intraveineuse (spécialité Proveblue®), le bleu de méthylène agit en quelques minutes. C'est aujourd'hui son indication médicale la mieux établie — un bel exemple de longévité pour une molécule née en 1876.
Important
Ces usages relèvent de la médecine et, pour la plupart, d'un cadre hospitalier ou d'une prescription. Le bleu de méthylène est une substance médicamenteuse avec des contre-indications et interactions sérieuses. Cet article est historique et informatif et n'encourage aucun usage en automédication.
Le bleu de méthylène a-t-il vraiment servi contre le paludisme ?
Oui. Ce fut sa première grande application médicale, dès 1891, jusqu'au milieu du XXe siècle avant l'arrivée d'antipaludéens plus efficaces.
Est-il encore utilisé aujourd'hui ?
Oui, principalement comme antidote de la méthémoglobinémie en milieu hospitalier, et comme colorant en chirurgie et au laboratoire.
Pourquoi colore-t-il les urines en bleu-vert ?
Parce qu'une partie du produit est éliminée par les reins : un effet connu et sans gravité en soi, mais spectaculaire.
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Cet article est fourni à titre informatif et historique. Le bleu de méthylène est une substance médicamenteuse : son usage relève d'un professionnel de santé. Ce contenu ne remplace pas un avis médical.